Selon vous, l’apprentissage optimise-t-il la transmission des savoirs ? 

 

Tout à fait, c’est la meilleure forme de transmission. Et notamment pour les savoirs pratiques qui sont essentiels dans nos professions tout autant que le savoir-être et la dimension relationnelle qu’il implique. De nombreux professionnels et apprentis nous témoignent leur enthousiasme sur ce dispositif.

 

Il s’agit donc de conduire une action de lobbying pour que les pouvoirs publics comprennent qu’il est nécessaire de favoriser l’apprentissage et que chacun en tirera grand profit car cela multipliera les emplois et ce, en particulier chez les jeunes. 

 

Le fait d’être regroupé au sein d’une Fédération a plus de poids !  

 

Certainement ! Jusqu’à présent, les CFA se définissaient au niveau régional et chacun se mobilisait avec beaucoup d’engagement mais sans bénéficier de la synergie que représente une fédération de l’apprentissage. Nous avons déjà initié ce mouvement en Ile-de-France avec le rapprochement avec l’Adapss IdF et l’AFAPHP ; en quelque sorte la fusion entre l’apprentissage dans le sanitaire et l’apprentissage dans le médico-social et le social.

  

Nous avons donc décidé de réunir les CFA des différentes régions pour constituer une fédération qui devra être convaincante et persuasive auprès des politiques et des institutionnels. Nous allons ainsi pouvoir engager des actions visant à solliciter les pouvoirs publics pour développer l’apprentissage mais aussi pour mieux valoriser et faire connaître nos métiers.

Le champ du sanitaire, médico-social et social représente un formidable vivier de compétences et un exemple de formation de qualité et d’intégration des jeunes dans l’emploi.

 

Justement, le mixage des deux cultures, « sociale», d’une part, « sanitaire » de l’autre, réunies dans une fédération, est-il possible ? 

 

Nous n’avons pas de problème de différence entre les deux cultures, celle du social et médico-social d’une part, celle du sanitaire d’autre part. Au contraire. Aujourd’hui, le principal obstacle à notre système de santé réside dans le cloisonnement des approches. Cette Fédération - parce qu’elle mixe à la fois les cultures du social, du médico-social et du sanitaire -participe au décloisonnement de l’ensemble. C’est d’autant plus essentiel que l’on souhaite développer le parcours de soin et d’insertion des patients. Malade ou socialement défavorisé, un être humain demeure une personne unique. 

 

Sur les métiers d’avenir, prévoyez-vous d’engager des programmes d’études sur des points particuliers ? 

 

L’évolution de notre système de santé va générer de nouveaux métiers. Nous développerons les axes de formation pour faciliter leur éclosion et leur devenir. Le programme se fera aussi naturellement vers le rapprochement de ces formations et des entreprises pour faciliter l’insertion et l’emploi. Entre le sanitaire, le social et le médico-social, il est aisé d’imaginer le nombre de métiers  qui pourraient bénéficier du dispositif l’apprentissage. Dispositif qui a largement fait ses preuves !

ENJEUX ET MISSIONS 

L'interview du président :

 

« Aujourd’hui , en ne donnant pas aux entreprises les moyens de financer ni l'interet d'embaucher des apprentis, l'apprentissage est dévalorisé.»

 

 Qu’est-ce qui a motivé à la création de cette FNAPSS ? 

 

« La situation actuelle de l’apprentissage en France rend difficile la perspective de son développement.  D’une manière récurrente, les différents gouvernements qui se sont succédés n’ont pas toujours donné à l’apprentissage ses lettres de noblesse et les facilitations financières que celui-ci appelle.  

Contrairement à ce qui est dit, aujourd’hui, on est en train de dévaloriser l’apprentissage en ne donnant pas aux entreprises les moyens suffisants de le financer ni l’intérêt d’embaucher des apprentis, particulièrement sur les métiers en tensions. Ce qui est paradoxal dans un pays touché durement par le chômage des jeunes. Tout devrait être mis en œuvre au sein de notre système éducatif pour faciliter cette source d’emplois et cette formation qui fait le lien entre l’éducation et l’entreprise. 

Le dispositif de l’apprentissage permet aux employeurs de former leurs futurs professionnels et aux jeunes, de bénéficier d’une rémunération et d’une formation d’excellence encadrée par des professionnels expérimentés.

 

Voilà la vraie raison d’être de notre Fédération ! Défendre cette voie différente de formation et de qualification de nos jeunes qui manque énormément dans l’enseignement en France. »

 

 

 

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Docteur Philippe CLERY MELIN

 

Le docteur Philippe Cléry-Melin, Président Directeur Général du groupe SINOUE est psychiatre. Parallèlement à son activité médicale, il s’implique de longue date dans la réflexion nationale relative à la politique de santé mentale.

Ainsi, il a exercé différentes fonctions au sein de cabinets ministériels et est l’auteur de plusieurs rapports ministériels, dont le Plan Psychiatrie et Santé Mentale de 2005-2008.

Il est actuellement membre de différentes instances et groupe de travail nationaux (OPEPS, Groupe de travail ministériel sur les soins sans consentement, le futur Plan de Santé Mental et le handicap psychique).

Il est par ailleurs membre du Conseil d’Administration de la Fondation FondaMental visant à promouvoir la recherche en santé  mentale et la mise en place ce Centres-experts sur le diagnostic des principales maladies mentales.

 

Fonctions :

     - Président de la FNAPSS

     - Président de l’ADAFORSS

     - Président Directeur Général Group e SINOUE

     - Administrateur FHP et membre du bureau FHP Île de France

     - Administrateur GCMS (Groupement coopération social et médico-social) REHPSY Rhône Alpes

     - Conseiller municipal et Vice-président Commune d’Agglomération (27), en charge de la politique

       de la ville, de la santé et du médico-social.

 

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